Article 34 est heureux de vous faire part de la publication, le 18 février 2026, du premier rapport annuel sur les atteintes à la liberté de la presse en France, établi par l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp).
Cette initiative lancée en novembre 2023 par un collectif de journalistes, de citoyens et d’organisations, a pour ambition de recueillir, recenser, documenter et rendre publiques toutes les situations où des journalistes ont été empêchés de faire leur travail. La conséquence ? Une entrave au droit à être bien informé dont dispose chaque citoyen.
Parce qu’il s’agit d’un enjeu démocratique majeur, Article 34 soutient cette démarche depuis son lancement en tant qu’association adhérente. Nous apportons également un appui bénévole à l’Ofalp et lorsque nous le pouvons, à notre petite échelle, financier.
Le premier rapport, qui ne prétend pas être exhaustif, a étudié uniquement les données disponibles en source ouverte, c’est-à-dire déjà publiques, pour l’année 2024. Chacune de ces atteintes a ensuite été vérifiée et classée dans l’une des 19 catégories établies, ou bien rejetée par le comité de validation*.
Ce travail d’analyse de longue haleine confirme les menaces inquiétantes pesant sur la liberté de la presse en France. Concentration des médias, lois restreignant l’accès à certaines informations, procédures bâillons, violences lors de manifestations, intimidations, etc.
Quelques données marquantes de ce rapport, à télécharger ici :
- 91 atteintes ont été retenues, causées par des acteurs publics comme privés, des organisations, des individus isolés ;
- Dans 40% des cas, l’auteur principal de l’atteinte fait partie des acteurs publics ou représentants de l’État. Dans cette catégorie les forces de l’ordre sont les plus représentées (14 cas), devant les parlementaires (8 cas). Sept cas impliquent des députés, tous affiliés RN ou liés à l’extrême droite, et un est lié à une sénatrice LR.
- La catégorie la plus recensée regroupe les « menaces, les intimidations, les injures, la diffamation et le harcèlement » (26 cas) ; suivent les « poursuites judiciaires abusives » (15 cas), le « harcèlement en ligne » (14 cas) et les « restrictions d’accès à un lieu ou un événement » (11 cas).
- Dans 60% des situations recensées, l’atteinte a eu un impact sur l’information délivrée aux citoyens, qu’elle soit tronquée, modifiée ou non traitée ;
« Il y a les violences verbales et physiques, mais aussi les procédures-bâillons, les entraves d’accès à des documents administratifs ou à des lieux, les intimidations verbales, et les campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux… Nous voulions mesurer des phénomènes nous apparaissant jusqu’ici hors des radars mais nocifs », ont expliqué au Monde les journalistes et réalisatrices indépendantes Lucile Berland et Cécile Dolman, coprésidentes de l’Ofalp.
Ces 91 cas recensés ne représentent évidemment que la partie immergée de l’iceberg. Nombre de journalistes ne dénoncent pas les entraves dont ils sont victimes par crainte de représailles. Celles-ci peuvent se manifester par des pressions ou du cyberharcèlement, jusqu’à une perte d’emploi voire un procès. Cela s’ajoute aux conséquences pointées par le rapport de l’Ofalp : pour 70% des journalistes concernés par des atteintes en 2024, celles-ci ont eu des répercussions sur leur intégrité morale (stress, peur, culpabilité, mal-être).
Cette première édition a pu voir le jour grâce à différents soutiens financiers, dont celui d’Article 34 à hauteur de 1.000 euros. Mais il n’aurait pas pu être réalisé sans l’investissement massif de bénévoles (l’équivalent de 2.200 heures de travail !).
Pour permettre à l’Ofalp de poursuivre ce travail rigoureux, de mettre au jour ces pressions invisibles sur la liberté d’informer et mesurer leur évolution dans le temps, l’équipe a besoin de vous ! Avec un objectif concret : publier son deuxième rapport annuel avant la fin 2026.
Comment aider ?
- ADHÉRER à l’association, faire connaître son travail, diffuser le rapport et suivre son actualité sur ses réseaux sociaux ;
- SIGNALER un cas d’atteinte dont vous auriez connaissance (anonymat possible, données sécurisées) par mail à signalement@ofalp.org;
- SOUTENIR l’association proposant votre aide bénévole, même si vous n’êtes pas journaliste !
- FINANCER la production du prochain rapport en faisant un don (défiscalisé), petit ou grand. La somme à réunir est estimée à 100.000 euros.
Merci par avance pour votre appui à cette démarche d’utilité publique !
L’équipe Article 34
*Pour découvrir la méthode utilisée pour le recensement, l’analyse des cas, le profil des auteurs, vous pouvez télécharger le rapport ici.