Du 22 juin au 1er août 2023, la rédaction du Journal du Dimanche a mené une grève sans précédent pour s’opposer à la nomination brutale d’un nouveau directeur à sa tête, imposé par l’actionnaire et porteur de valeurs contraires à celles qu’incarnait ce journal depuis soixante-quinze ans. Des fourmis face à un géant…

Le collectif soudé qui s’est formé lors de ce mouvement a perdu une bataille, puisque la quasi-totalité des journalistes de la rédaction a décidé de quitter ce quotidien du septième jour sans avoir obtenu gain de cause et sans avoir pu imposer les garde-fous éditoriaux qu’il réclamait. Mais il en a gagné une autre. Il a réussi à remettre en lumière la question de l’indépendance des rédactions face à leurs propriétaires et actionnaires. 

Plus de 5 000 donateurs anonymes nous ont aidés en contribuant à notre caisse de grève. Près de 650 personnalités issues du monde culturel, politique et économique nous ont soutenus dans une tribune publiée dans Le Monde. Des dessinateurs de presse nous ont offert leurs croquis. Des dizaines de médias ont couvert ce mouvement de quarante jours, la plus longue grève de l’histoire médiatique récente.

Sur le plan politique, des propositions de loi ont été déposées au cœur de l’été. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé une date de lancement des États généraux de l’information. Alors que ce débat national a débuté le 3 octobre, la garde à vue, en septembre, de notre consœur Ariane Lavrilleux de Disclose et l’interrogatoire récent de nos confrères de Libération témoignent des menaces qui persistent à peser sur l’exercice du métier de journaliste.

Nous, anciens journalistes du Journal du Dimanche, décidons de transformer cet élan collectif né pendant la grève.

Nous, anciens journalistes du Journal du Dimanche, alliés à des personnalités, des consœurs et des confrères partageant les mêmes convictions, donnons une nouvelle ampleur à notre combat.

Le nom de notre association fait référence à l’article 34 de la Constitution. Cet article est celui qui définit la loi et délimite son domaine. Depuis sa dernière révision, en 2008, celui-ci précise que la loi a compétence pour fixer (notamment) les règles concernant “la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias”. En clair, c’est au Parlement de voter les textes garantissant ces principes. Après d’autres rédactions (iTélé, Europe 1, Prisma, Paris Match…), nous en avons fait l’expérience : face au pouvoir des actionnaires, les journalistes doivent pouvoir s’en remettre à la loi. Il s’agit d’une question politique, mais ce n’est pas une question partisane.

À travers cette association, nous entendons faire ce que nous savons faire : fournir de l’information, susciter le débat, aiguillonner les responsables politiques pour faire évoluer le cadre législatif et donner à voir ces enjeux à un public le plus large possible. Face à ce que nous considérons comme une urgence démocratique, nous voulons aussi nourrir le dialogue avec les citoyennes et citoyens. 

Nous sommes porteurs d’une histoire, mais nous ne voulons pas agir dans notre coin ! Nous voulons nous inscrire dans un cadre collectif et travailler de manière complémentaire au combat des structures présentes sur ces fronts depuis longtemps.

L’objet de l’association est d’œuvrer en faveur de la liberté, du pluralisme et de l’indépendance des médias.

Nous voulons continuer à être des porte-voix auprès des pouvoirs (politique, économique, culturel) et des citoyens afin de faire exister ces enjeux dans le débat public. Nous solliciterons les élus de tout bord afin de faire évoluer le cadre législatif et de poser des garde-fous garantissant l’exercice libre de notre métier.

Parmi les mesures que nous défendons :

  • L’instauration d’un droit de veto / de révocation / d’approbation de la direction de la rédaction
  • La protection des élus des sociétés des journalistes (SDJ) contre toute mesure de rétorsion pour les actions menées dans le cadre de leur mandat (réflexion sur le statut adapté)
  • Rendre effective dans tous les médias la négociation avec la rédaction d’une charte de déontologie et d’indépendance contraignante et opposable, adossée à une société des journalistes (SDJ). Rendre obligatoire sa diffusion auprès des collaborateurs et son affichage public.

Nous voulons aller à la rencontre de “ceux qui savent mieux que nous”, en France et à l’étranger : journalistes, militants associatifs, syndicats, élus, experts, historiens, sociologues, économistes… En recueillant leurs points de vue, en questionnant leurs champs d’action et les mesures qu’ils défendent, nous espérons concourir à relier les uns aux autres et à faire émerger des positions communes.

Ces rencontres nourriront le contenu de ce site, sous forme écrite, audio ou vidéo. Notre ambition est de réussir à vulgariser ces sujets complexes. De les donner à voir au grand public et de contribuer, à notre mesure, à renouer ce lien de confiance abîmé avec les lecteurs-spectateurs-auditeurs.

Nous en sommes convaincus : la protection de l’exercice du métier de journaliste et de l’indépendance des médias nous concerne tous. Pour que la presse puisse exercer un réel contre-pouvoir, nous avons besoin d’unir toutes nos forces.

À bientôt !

Bureau

Juliette DEMEY, coprésidente
Bertrand GRÉCO, coprésident
Antoine MALO, trésorier

Conseil d'administration

Michaël BLOCH

Ancien journaliste au Journal du Dimanche (2013-2023), j’ai été le trésorier de la SDJ entre 2022 et 2023, notamment pendant la grève de 40 jours contre la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête de l’hebdomadaire. J’aime particulièrement les sujets politiques, internationaux et économiques. Je collabore actuellement aux Echos.

Membre fondateur.
Grand reporter, en poste de 2011 à 2023 au service Société du Journal du Dimanche, où j’étais coprésidente de la SDJ. Je suis journaliste depuis 24 ans, généraliste par choix, avec un intérêt particulier pour les violences envers les femmes et les violences sexuelles envers les enfants. Désormais free lance, je partage mon temps entre projets personnels, enseignement et engagement pour défendre l’indépendance des médias. 

Journaliste diplômée en 2019, j’ai travaillé durant cinq ans en tant que pigiste au sein des rédactions numériques du Journal du Dimanche et d’Europe 1.fr. Je garde un oeil sur les sujets de société et l’actualité internationale. 

Journaliste, j’ai passé quatorze ans de ma vie au Journal du Dimanche, entre 2009 et 2023. Spécialisée en politique, je couvrais notamment l’actualité des partis de gauche et des écologistes pour le site internet, ainsi que pour le journal papier lors des dernières échéances électorales. Participer à Article 34, c’est continuer à mener un combat essentiel pour la démocratie, pour la liberté et pour l’indépendance des médias.

Membre fondateur.
Je suis  journaliste, auteur et réalisatrice. Pendant 20 ans, j’ai couvert l’actualité française et internationale à Paris Match. J’ai été licenciée en juin 2023 pour avoir défendu au sein de la SDJ l’indépendance du titre face aux attaques des actionnaires. Je continue mon activité en indépendante et j’ai repris mes études – Master 2 en adaptation au changement climatique à l’université de Paris Saclay.

Membre fondateur. 
Grand reporter, à Paris Match pendant 19 ans, lauréate du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en 2011, je collabore aujourd’hui à la revue L’Hémicycle, à La Tribune Dimanche et à BFM TV. Doctorante à Paris 2 Panthéon Assas – ma thèse porte sur le rôle et la place des journalistes dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI) -, j’enseigne dans plusieurs écoles de journalisme.

Membre fondateur.
J’ai démissionné du Journal du Dimanche 27 ans après y avoir fait mes débuts de journaliste. J’étais co-président de la SDJ et élu au CSE. Au JDD, entre 1997 et 2023, j’ai écrit des articles dans toutes les rubriques, politique, société, économie, culture…, et surtout dans les pages Grand Paris, où j’étais chef de service adjoint, spécialisé en politique, architecture et urbanisme. Pigiste pendant dix ans, j’ai travaillé en parallèle pour d’autres rédactions. Puis, j’ai publié trois livres, et donné des cours dans une école de journalisme (IEJ). Depuis 2015, je suis rédacteur en chef du magazine trimestriel Grand Paris Développement. Au sein d’Article 34, et au regard de notre expérience collective, j’entends défendre la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias, plus que jamais menacés.

Journaliste politique chargée du suivi de l’extrême droite, j’ai eu le plaisir de commencer à suivre cette rubrique au Journal du Dimanche. Avec un stylo sur le social en fin de course. Diplômée du Centre de formation des journalistes (CFJ), passée par Libération, M le magazine du Monde, je parle dès que possible de violences sexistes et sexuelles (VSS) et de l’actualité des médias. 

Membre fondateur.
Journaliste indépendante, pour Télérama Sortir et pour le magazine national (expos photo), j’ai travaillé auparavant  en presse quotidienne régionale (les DNA), en presse enfant (L’Actu, Mon Quotidien, Le Monde des ados), puis pendant vingt ans au Journal du Dimanche jusqu’en octobre 2023. J’y ai édité des articles dans les Pages Grand Paris, ai été reporter aux pages Grand Paris et en culture (expos et patrimoine). Je suis attachée à la liberté de la presse, et aux conditions d’exercice de cette liberté, qui est un des fondements de la démocratie.

Journaliste indépendante, j’ai travaillé pendant cinq années au Journal du Dimanche, où j’étais membre du bureau de la Société des Journalistes. Je me suis spécialisée sur la couverture de l’urgence environnementale.

Membre fondateur.
Aujourd’hui journaliste indépendant et enseignant en journalisme, j’ai travaillé pendant 23 ans au Journal du Dimanche, d’abord comme secrétaire de rédaction puis comme grand reporter au service Etranger. J’ai été lauréat du Prix de la presse diplomatique en 2018 et ai publié cette même année un ouvrage sur l’Irak. J’étais par ailleurs membre du bureau de la SDJ et élu au CSE de Lagardère Médias News. Comme la quasi-totalité de la rédaction du JDD, j’ai activement participé à la grève de l’été 2023 pour m’opposer à la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du journal. Cette expérience a confirmé la nécessité de défendre certains principes aujourd’hui mis à mal tels que le pluralisme ou  l’indépendance médiatiques. Le journalisme (et la préservation de ses valeurs) est devenu un sport de combat. Nous, membres d’Article 34, sommes déterminés à mener cette bataille.

Membre fondateur.
Ancien journaliste au Journal du Dimanche, j’ai couvert pendant vingt-cinq ans l’actualité culturelle (musique, humour principalement, mais aussi cinéma et séries). Je travaille désormais à La Tribune Dimanche où je m’occupe également de la musique et de l’humour. 

Membre fondateur.
Journaliste de formation et de métier. Après quelques décennies de loyaux services dans la presse, dont une bonne part au Journal du Dimanche, j’ai tourné une page en 2023 et décidé de changer d’horizon. Mais je garde une chambre d’amis dans mon ancienne maison, dont je souhaite contribuer à la bonne tenue.

Membre fondateur.
Journaliste, j’ai fait partie de la rédaction du Journal du Dimanche durant 23 ans, d’abord comme rédactrice-iconographe, puis comme cheffe adjointe du service photo. Adhérer à Article 34 me permet de contribuer à soutenir la liberté des médias.

Journaliste diplômée de l’EPJT, j’ai travaillé pendant un an et demi en tant que pigiste au sein de la rédaction Web du Journal du Dimanche. Je suis également journaliste intervenante en éducation aux médias pour l’association La Chance, pour la diversité dans les médias. Je suis désormais journaliste pigiste avec une appétence pour les sujets de société. 

Membre fondateur.
Je suis journaliste depuis 2016, je m’intéresse – entre autres – à la vie politique française, aux féminismes, aux corps qui animent tout ce petit monde. J’ai fait partie du collectif des désormais ex-journalistes du Journal du Dimanche qui ont fait grève à l’été 2023, avant de participer à la naissance d’Article 34.

Membre fondateur.
Je suis journaliste depuis 1997, rédactrice-réviseuse et secrétaire de rédaction. J’ai travaillé pour beaucoup de titres, dont Le Journal du Dimanche, dont je suis partie, avec presque tous mes collègues, à la suite de l’arrivée de Geoffroy Lejeune. Je  suis convaincue que l’état (économique et déontologique) de la presse, écrite ou audiovisuelle, contribue à la montée de l’extrême droite et à la diffusion de ses idées. Et qu’il est nécessaire d’agir pour donner la possibilité aux citoyens de s’informer en toute confiance et, donc, de leur donner accès à une information fiable et à des analyses diverses sur notre monde. C’est pourquoi j’ai participé à la création d’Article 34.

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